Panneaux photovoltaïques et solaires

Une feuille de route environnementale pour le photovoltaïque

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Le secteur du photovoltaïque a vécu un grand essor durant les dernières décennies. Il est connu pour offrir une « énergie verte », mais on sait aujourd’hui qu’il n’est pas complètement neutre au niveau de son impact environnemental. Afin d’améliorer les performances de ce secteur, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) a commandité une étude et créé une feuille de route environnementale. En voici les principales lignes.

 

Les enjeux environnementaux des systèmes photovoltaïques

Pour lutter contre le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources naturelles, le développement des énergies renouvelables semble indispensable. Même si leur impact environnemental n’est pas complètement neutre, on sait que ces filières ont un effet moindre sur l’environnement que les filières plus conventionnelles, celles du charbon ou du pétrole par exemple.

C’est dans ce contexte de transition écologique que l’étude a été commanditée par l’ADEME. Elle a pour but de faire un état des lieux des pratiques existantes et des enjeux environnementaux de la filière photovoltaïque. L’objectif est d’établir une feuille de route afin d’atteindre l’excellence environnementale.

Les 4 pistes de l’ADEME pour rendre le photovoltaïque + vert

Grâce à un benchmark et une étude de la bibliographie existante, plusieurs thématiques ont été établies, répondant à quatre clusters thématiques d’actions.

1. Pour des panneaux plus écologiques dès la fabrication

Le premier cluster concerne l’amélioration de la performance technique et environnementale des produits photovoltaïques et de leur fabrication. Les actions à mettre en place sont les suivantes :

  • baisser la consommation d’énergie et d’eau pour la fabrication de panneaux photovoltaïques ;
  • réduire les déchets créés dans le cadre de la fabrication de panneaux, recycler ceux qui sont inévitables ;
  • améliorer la performance des modules photovoltaïques;
  • améliorer leur empreinte carbone ;
  • etc.
     

2. Utiliser les panneaux photovoltaïques les plus vertueux en matière d’environnement

Le deuxième cluster concerne l’incitation au déploiement de produits photovoltaïques ayant de meilleures performances environnementales. Les actions suggérées sont :

  • la prise en compte du bilan dans les Appels d’Offre (AO) ;
  • l’augmentation du poids des critères environnementaux pour les AO nationaux ;
  • l’encouragement des approvisionnements locaux des produits pour les panneaux solaires ;
  • etc.
     

3. Créer une économie circulaire

Le troisième cluster propose des lignes directrices pour optimiser la consommation de matériaux et le développement d’une économie circulaire, avec les propositions suivantes :

  • le développement de la réparabilité des panneaux solaires ;
  • la réduction des substances toxiques pour leur fabrication ;
  • La baisse de la consommation de matériaux primaire nécessaire à la création de nouveaux panneaux ;
  • Etc.
     

4. Diminuer l’impact de la filière photovoltaïque sur l’environnement

Enfin, le dernier cluster traite de la structuration du déploiement du photovoltaïque, tout en diminuant les impacts environnementaux sur les sites. Il suggère de :

  • amplifier le développement du photovoltaïque sur les bâtiments ;
  • développer de nouvelles connaissances concernant les impacts des centrales photovoltaïques sur la biodiversité, le cycle de l’eau, la composition des sols ;
  • accompagner davantage les collectivités dans la planification du déploiement du photovoltaïque sur les territoires, tout en tenant compte des enjeux environnementaux que cela implique.

Des actions bien précises sont détaillées dans la feuille de route environnementale. La nécessité de mettre en place des réglementations à la fois nationales et européennes est également discutée dans le rapport.

Les points forts de l’étude de l’ADEME

Cette étude a été possible grâce à la participation d’un ensemble d’acteurs du secteur photovoltaïque : 119 acteurs ont été consultés, dont 83% de français. De nombreuses personnes de la filière se sont rendues disponibles et ont permis de créer cette feuille de route. Parmi eux, on retrouve des fabricants de panneaux photovoltaïques, des développeurs, des recycleurs, des experts, des bureaux d’études, des pouvoirs publics, des représentants de la société civile. Grâce à des profils aussi différents, divers angles et points de vue ont pu être abordés de façon complète. Cela offre une vision éclairée des enjeux.

Les acteurs du secteur peuvent donc facilement s’approprier cette feuille de route. En effet, l’aspect environnemental est de plus en plus intégré aux pratiques industrielles du secteur photovoltaïque. Le potentiel de progression reste cependant très important.

L’étude menée par l’ADEME a permis de donner des lignes directrices concernant différents aspects du secteur photovoltaïque. Performance environnementale, performance technique, fabrication, matériaux, impact environnemental : tous ces sujets ont été décryptés. Une feuille de route environnementale a été créée, donnant des conseils pour mener la filière photovoltaïque vers l’excellence environnementale. Bien que les acteurs du secteur soient déjà sensibles à cette thématique, le succès de cette feuille de route est conditionné à des questions de gouvernance et de souveraineté politique, à la fois nationale et européenne.

Qu’est-ce que l’ADEME ?

Il s’agit de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie. Elle a été créée en 1991 et participe à la mise en place de politiques publiques dans les domaines de l'environnement, de l'énergie et du développement durable.

Qu’est-ce qu’une feuille de route environnementale ?

Il s’agit d’un ensemble de préconisations d’actions à mettre en place à court, moyen et long terme afin d’atteindre un objectif. Il ne contient ni directives ni lois : elle n’a aucun caractère obligatoire.

Comment a été réalisée l’étude ADEME ?

Toutes les parties prenantes de la filière photovoltaïque ont été consultées pour cette étude, au travers de questionnaire en ligne, entretiens, ateliers de travail, réflexions.